[/Played]

A la poursuite de ses rêves numériques…

Fier d’être supporter du PSG!

leave a comment »

Peut-être avez-vous déjà remarqué -ou plutôt ressenti- cet étrange sentiment que certains de nos interlocuteurs peuvent nous transmettre lorsque l’on dit « Je suis supporter… » ? Si deux personnes viennent de se rencontrer et se rendent compte qu’elles sont supporters du même club, c’est alors un moment de grande fraternité qui surgit entre ces deux parfaits inconnus.

Pourtant, lorsqu’on a le malheur de prononcer « Je suis supporter du PSG » durant une conversation  il y a souvent une réaction particulière, propre à chacun. Un peu comme si on venait de dire « Je sors de prison ».

– « Ah bon?!! Mais pourquoi tu étais en prison es supporter du PSG ? »

Déjà qu’assumer le statut de supporter de foot se paie au prix d’une étiquette de beauf alcoolisé à la bière. Alors si on y ajoute ces 3 lettres, on passe tout de suite du beauf  passionné alcoolique au nazillon-hooligan alcoolique. Bref c’est l’incompréhension générale, comment ce jeune et joli jeune homme – ndlr: doux euphémisme – a pu tomber dans un tel état de débauche et de violence? Est-ce que l’on peut-être contaminé? Est-ce que cela se transmet par l’air comme la grippe A se demandent les plus cons interloqués ?

Mais peu importent les railleries, être supporter du PSG c’est tout simplement magique. Ce club, ce stade et ces supporters sont passionnés. Chaque année c’est une véritable histoire d’amour qui se déroule devant nos yeux. Il y a des engueulades et des moments d’euphorie. On se demande en mariage et parfois on voudrait divorcer mais au fond on sait bien que cela est impossible. Être supporter c’est être lié pour toute sa vie à ce club, quelques soient les résultats de celui-ci. En ce sens, ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus simple car c’est vivre des moments douloureux, ressentir de la peine que ceux qui ne sont pas passionnés ne ressentiront pas. Être supporter c’est se réveiller de mauvaise humeur le lundi matin suite à une défaite de la veille, c’est se sentir parqués comme des moutons lors des déplacements, c’est attendre pendant des mois, voire des années, que son équipe enchaîne les bons résultats et gagne des trophées.

Être supporter, c’est surtout vibrer, crier, sauter dans tous les sens au moment où notre équipe marque un but, c’est unir sa voix à des milliers d’autres, c’est se jeter trois rangées plus bas dans les bras d’un parfait inconnu et le serrer comme si on retrouvait son frère disparu depuis de nombreuses années, c’est laisser les larmes nous envahir lorsque des grands joueurs s’en vont, c’est faire des tifos, craquer des fumis pour rendre hommage à ceux qui portent haut nos couleurs à travers la France et l’Europe !

Mais de nos jours, les médias, dans leur quête perpétuelle du sensationnalisme, ont réellement stigmatisé les supporters du PSG, et les pouvoirs publics, dans leur quête perpétuelle de la démagogie, ont réellement tué ce Parc des Princes et ces supporters. Dans ce pays où la monarchie s’est de nouveau installée, les sujets bouffons du roi prennent des décrets pour diviser, pensant satisfaire le tiers-état et surtout de manière à détourner celui-ci de la situation actuelle. Diviser pour mieux régner. Au titre d’un fait divers, on stigmatise des milliers de personnes. Il faut prendre des mesures fortes pour endiguer la violence qui règne autour et dans le Parc des Princes s’exclame Brice, le bouffon sénior de la Cour.

Celui-là même qui ne connait du PSG que son champagne et ses loges V.I.P ! Ma passion vient des virages, de là où le petit Brice n’est jamais allé, ce lieu où les places sont moins chères car on voit moins bien, ce lieu de tous les dangers, où l’on est supporter et non spectateur, où l’on reste debout pendant toute la durée du match, où la connaissance de différentes gestuelles, rythmes et paroles sont nécessaires pour y assister, où il y a des tendus d’écharpes et des fumis de craquer. Ce lieu où la passion est à l’état brut, ce lieu qui rassemble et qui réchauffe nos coeurs. Ici des gens qui touchent le SMIC ou le RMI se retrouvent les soirs de matchs, après plus d’une heure de métro et de RER.

Dis moi ma petite Michèle ou mon petit Brice, qu’y connais-tu à tout cela ?

Et pourtant, l’autre soir, lorsque je suis allé au Parc, j’ai été parcouru d’un étrange sentiment. Il n’y avait plus aucune banderole d’associations de supporters, rien. La première fois où j’y suis allé, je n’étais encore qu’un gosse – c’était l’époque des Rai, Lama et Leonardo – j’y découvrais une ferveur qui ne se trouve nulle part ailleurs – c’était l’époque des Supras Auteuils 1991, Tigris Mystic 93, Boulogne Boys 85 et Lutèce Falco 1991. Ces dernières années s’y était ajoutée une petite nouvelle mais qui faisait du bruit: les Authentiks (ATKS).

Mercredi soir, de tous ceux-là, de ces « grands qui chantent » à travers les yeux d’un gosse de 12 ans, il ne reste que les Lutèce. Pour combien de temps encore ? Leur banderole n’est déjà plus là…

Ce qui fait un club ce sont ces supporters et ces matchs nous réunissent. Maintenant que nous sommes divisés, que nous sommes seuls, que va devenir le Parc des Princes ? Que va devenir le PSG ?

Les vrais Princes sont au Parc, et non à l’Elysée.

Ce qu’on ne montre pas dans les médias, des supporters de Derry City, venus pour le match retour en Coupe d’Europe à Paris, en train de chanter « We love you Paris, we do ! ». S’en suit un match de foot improvisé au pied de la Tour Eiffel. C’est ça aussi Paris !

Written by Piki

11 mai 2010 à 17:56

Publié dans Point de vue

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :